Ce que ça change pour une PME

  • Le stockage seul coûte entre 7 et 16 € par To et par mois selon le fournisseur : environ 7,40 € chez Wasabi, 6,45 € chez Backblaze B2, autour de 8 € chez OVHcloud (tarifs consultés le 17 août 2026).
  • Ce prix ne couvre que le stockage. Il faut un logiciel pour envoyer les sauvegardes : Windows Server Backup ou Synology Active Backup sont gratuits, Veeam Backup & Replication ajoute plusieurs centaines d'euros par an selon le nombre de postes protégés.
  • Le piège n'est pas le stockage mais la restauration : Wasabi et OVHcloud ne facturent pas la sortie de données, Backblaze B2 facture au-delà de trois fois le volume stocké par mois. Un fournisseur moins cher au stockage peut coûter plus cher le jour où il faut vraiment récupérer les fichiers.
  • Pour un serveur de 30 salariés avec 1 à 2 To de données utiles, compter 100 à 250 € par an de stockage cloud, logiciel de sauvegarde en plus.
  • La règle de base reste 3-2-1 : trois copies des données, sur deux supports différents, dont une hors site. Le cloud remplace la copie hors site, pas les deux autres.

Le stockage cloud, à lui seul, coûte entre 6,45 € et 8 € par To et par mois chez les principaux fournisseurs compatibles avec les logiciels de sauvegarde du marché (tarifs consultés le 17 août 2026). Pour un serveur d'entreprise qui héberge 1 à 2 To de données utiles — un volume courant pour une structure de 30 salariés avec des fichiers partagés, une base métier et des boîtes mail archivées — ça représente 7 à 16 € par mois, soit 84 à 190 € par an. C'est le prix du stockage seul. La sauvegarde cloud complète coûte plus cher, parce qu'il faut aussi le logiciel qui l'alimente et, selon le fournisseur, des frais quand on récupère les données.

Ce que coûte le stockage, fournisseur par fournisseur

Trois fournisseurs publient un tarif clair au To, compatible avec la plupart des logiciels de sauvegarde via le protocole S3 :

FournisseurPrix par To/moisFrais de sortie (restauration)
Wasabi7,99 $ (≈ 7,40 €)Aucun
Backblaze B26,95 $ (≈ 6,45 €)Gratuit jusqu'à 3x le volume stocké, puis 0,01 $/Go
OVHcloud (Object Storage Standard)≈ 8,29 $ (≈ 7,70 €)Aucun

Ces trois offres fonctionnent comme un espace de stockage brut : elles ne sauvegardent rien toutes seules. C'est un logiciel installé sur le serveur ou sur un NAS qui y envoie les données, comme il le ferait vers un disque externe ou une bande.

Le logiciel qui envoie les sauvegardes

Windows Server Backup, inclus gratuitement dans Windows Server, sait écrire vers un partage réseau mais pas nativement vers un stockage S3 : il faut passer par un NAS en relais ou un outil intermédiaire. Si le serveur sauvegarde déjà vers un NAS Synology, Synology Active Backup for Business est gratuit et peut ensuite répliquer ce NAS vers un stockage cloud compatible S3, ou vers l'offre propriétaire C2 Backup de Synology.

Pour une gestion plus fine — planification par serveur, chiffrement, conservation des versions, alertes en cas d'échec — Veeam Backup & Replication reste la référence en PME. Sa licence gratuite (Community Edition) protège jusqu'à 10 postes de travail et serveurs, suffisante pour un ou deux serveurs. Au-delà, les éditions payantes se comptent en centaines d'euros par an selon le nombre de charges de travail protégées ; le tarif exact dépend du revendeur et n'est pas public.

Le piège n'est pas le stockage, c'est la restauration

Le prix affiché au To ne dit rien du jour où il faut vraiment récupérer les données, après une panne de disque ou un chiffrement par rançongiciel. Wasabi et OVHcloud ne facturent pas la sortie de données : télécharger 1 To coûte le même prix que ne rien télécharger. Backblaze B2 offre une sortie gratuite jusqu'à trois fois le volume stocké chaque mois, ce qui couvre largement une restauration ponctuelle, mais facture 0,01 $ par Go au-delà — soit environ 10 € pour 1 To restauré en plus du quota gratuit. Sur un stockage professionnel classique de type hyperscaler (Azure, AWS), ces frais de sortie existent aussi et pèsent davantage : c'est pour cette raison que Wasabi et Backblaze se sont positionnés spécifiquement sur des tarifs de sortie nuls ou réduits, en ciblant l'usage sauvegarde plutôt que l'hébergement d'application.

Un test de restauration coûte donc, au pire, quelques dizaines d'euros une fois par an chez ces fournisseurs. C'est un coût à budgéter, mais il reste minime comparé au risque de découvrir, au moment où on en a besoin, qu'une sauvegarde ne se restaure pas.

Les offres tout-en-un

À côté du stockage brut, des offres packagées vendent stockage et logiciel ensemble. C2 Backup for Business de Synology, par exemple, impose un minimum de 5 To à l'achat et facture par abonnement mensuel ou annuel ; Synology ne publie pas de tarif au To sur sa page officielle, il faut passer par un devis. Azure Backup fonctionne sur un principe différent : un forfait par machine protégée (facturé par tranche de taille du disque) auquel s'ajoute le stockage consommé au tarif standard Azure. Ces offres simplifient la gestion — un seul contrat, une seule facture — mais coûtent en général plus cher au To que le stockage nu associé à un logiciel séparé, en échange d'un support et d'une intégration prêts à l'emploi.

Ce que ça donne pour 30 salariés

Pour une entreprise de cette taille avec un serveur de fichiers et une base de données métier, 1 à 2 To de données utiles est un ordre de grandeur réaliste — hors messagerie, qui est déjà sauvegardée séparément si l'entreprise est sur Microsoft 365. En comptant large :

  • Stockage cloud (1 à 2 To) : 100 à 190 € par an selon le fournisseur
  • Logiciel de sauvegarde : gratuit (Community Edition Veeam ou Synology Active Backup) à quelques centaines d'euros par an pour une édition avec support
  • Restauration : quelques dizaines d'euros en cas de test ou d'incident réel, sauf chez un fournisseur qui facture systématiquement la sortie

Le budget total tourne donc entre 100 € et 500 € par an pour une structure de cette taille, logiciel inclus. C'est nettement moins que le coût d'une journée d'arrêt d'activité en cas de perte de données sans copie récupérable.

Le cloud ne remplace pas une stratégie de sauvegarde à lui seul. La règle 3-2-1 — trois copies des données, sur deux types de support différents, dont une hors site — reste le repère à suivre : le cloud tient la place de la copie hors site, pas des deux autres. Une sauvegarde locale récente (NAS ou disque externe) reste nécessaire pour restaurer vite en cas de panne simple, le cloud servant de filet en cas de sinistre sur le site lui-même — incendie, vol, ou rançongiciel qui chiffre aussi les sauvegardes locales connectées en permanence.

Ce qu'il fait maintenant

Mesurer le volume réel de données à protéger sur le ou les serveurs — pas l'espace disque total, le volume effectivement utilisé — puis demander un devis à deux fournisseurs de stockage compatibles avec le logiciel de sauvegarde déjà en place, en clarifiant systématiquement les frais de sortie avant de signer. Si aucun logiciel de sauvegarde n'est encore en place, commencer par Veeam Community Edition ou Synology Active Backup selon l'infrastructure existante : les deux sont gratuits pour un ou deux serveurs et permettent de tester un stockage cloud sans engagement avant de généraliser.